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Au volant de votre Supply Chain

Quelles leçons tirer de notre expérience sur la route pour piloter notre Supply Chain ? Prévisions, demande réelle, aides à la décision... Quels bons réflexes adopter ?

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Regarder dans le rétroviseur ou devant vous ?

Ça a souvent été un débat pour les pratiques supply chain. Faut-il piloter en fonction de la consommation historique ?

Vous n’avez sans doute pas ce débat au volant de votre voiture. Vous regardez devant, et jetez des coups d’œil réguliers derrière, pour voir si un danger arrive.

C’est du bon sens. Les avocats de l’importance des prévisions ont utilisé cet argument : regardez devant, levez les yeux sur l’horizon, pour ajuster votre trajectoire.

Cet argument est malhonnête. Lorsque vous regardez au travers de votre pare-brise, vous n’analysez pas des prévisions, vous surveillez ce qu’il se passe vraiment devant vous – ce que dans la supply chain on appellerait la demande réelle : les commandes client, les besoins de réapprovisionnement, les consommations.

Les prévisions sont issues de l’historique et enrichies d’informations marché. Piloter sur prévision, de fait, c’est piloter en regardant dans le rétroviseur, souvent couvert de la buée des hypothèses business. Ou bien c’est piloter avec un casque fermé de réalité virtuelle sur les yeux. Personnellement je ne tenterais pas l’expérience…

Les prévisions sont utiles avant de vous assoir au volant. Elles vous permettent de prévoir le plein, de définir votre heure de départ en fonction du trafic prévu, de définir votre itinéraire, de vous préparer aux intempéries annoncées. Une fois que vous avez pris la route, la seule chose qui compte c’est ce qu’il se passe devant vous.

L’analogie avec votre supply chain est claire : les prévisions sont utiles pour préparer votre trajet et ses alternatives – c’est le cœur du S&OP – ensuite, seule la demande réelle compte – cœur du flux tiré par la demande réelle.

Avez-vous besoin de prévisions pendant votre trajet ?

Sans doute sur deux aspects :

  • En fonction de l’évolution des conditions de circulation, votre GPS vous propose un nouvel itinéraire. En supply chain il s’agit de replanifier sur exception.
  • À très court terme, vous surveillez ce véhicule qui arrive de votre gauche et qui pourrait causer un risque imminent, vous ralentissez. Un orage éclate, le brouillard s’épaissit. À très court terme, anticiper un évènement selon sa probabilité est pertinent – c’est ce qui rend la prévision à très court terme pertinente dans le retail, par exemple pour déployer les stocks en prenant en compte la météo locale.

Les aides à la conduite

Les véhicules modernes sont truffés de capteurs, pour augmenter notre perception du monde extérieur. Radars, lidars, caméras, capteurs de vitesse alimentent des aides à la conduite toujours plus sophistiquées. C’est parfois agaçant, mais force est de constater que ça sécurise notre conduite.

Un exemple apprécié est le régulateur de vitesse adaptatif – en fonction du trafic devant vous, votre allure est automatiquement et progressivement adaptée.

Dans le monde de la supply chain les capacités de calcul et les capteurs (la data) prolifèrent, mais les aides à la conduite continuent à manquer cruellement dans la majorité des entreprises ! Par exemple, quelle est la proportion d’usines qui pilotent leur flux par rapport à la cadence effective de leurs contraintes – à l’instar d’un régulateur de vitesse adaptatif ? L’écrasante majorité utilise des principes obsolètes MRP, à capacité infinie, des fichiers Excel maison semi-manuels, etc.

La faute n’est pas au manque de technologie disponible. Les capteurs et le software existent (Intuiflow de préférence bien sûr). Ce qui manque encore c’est une compréhension commune, des principes directeurs qui évitent de mettre la technologie au service du n’importe quoi méthodologique…

L’intelligence artificielle a son rôle à jouer pour alimenter ces aides à la conduite, à condition d’être basée sur des principes de pilotage pertinents – car finalement ce sont des humains responsables qui seront en charge.

Un des domaines d’application de ces aides à la conduite en supply chain est l’identification des risques, leur anticipation et le développement de tactiques pour les éviter ou se rétablir rapidement après les avoir subis.

La conduite autonome

Manipulation de cours de bourse ou rêve de big tech, c’est promis, cette année la conduite autonome arrive pour de vrai !

Les promesses de ces dernières années de l’intelligence artificielle appliquée à la supply chain y ressemblent un peu, non ?

Les progrès sont immenses, c’est évident. Dans bien des cas, la conduite semi-autonome fait moins d’erreurs que les conducteurs humains, parfois impulsifs et non rationnels.

Dans le monde de la supply chain, l’automatisation fait rêver de nombreux comités de direction. Une partie est effective, sur la base d’algorithmes et éventuellement d’IA. Par exemple, l’auto approbation de commandes sur la base de buffers DDMRP permet une grande automatisation, et permet de recentrer les planificateurs sur la surveillance et l’amélioration du modèle. L’adaptation « autopilot » des dimensionnements de buffer y contribue aussi.

Cependant, piloter une supply chain, c’est piloter l’entreprise dans son ensemble. La conduite autonome de l’entreprise par une IA n’est sans doute pas la meilleure idée possible. On a vu quelques expérimentations dans ce sens, qui ont donné des résultats mitigés.

Un exemple en est Claudius, expérimentation d’Anthropic, pour gérer une cafétéria interne. Ça a tourné au fiasco cocasse, alors qu’il s’agissait d’une toute petite entreprise. N’envisagez pas tout de suite de faire cela à l’échelle de votre entreprise… Project Vend: Can Claude run a small shop? (And why does that matter?) \ Anthropic

Vibe coder son tableau de bord ?

Les progrès de l’IA permettent aussi rapidement de développer des applications de bonne facture. Certains y voient la fin des solutions pré packagées dans une « SaaSpocalypse ».

La technologie a envahi nos véhicules – Linux est au cœur des systèmes d’exploitation des voitures, comme il l’est pour de nombreux ordinateurs et stations de travail. Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, il vous sera sans doute prochainement possible de « vibe coder » votre propre tableau de bord et vos propres principes de pilotage de votre voiture.

Est-ce une bonne idée – dans votre voiture et dans votre entreprise – ou est-ce un nouvel avatar modernisé de la prolifération de tableaux Excel disparates et d’un manque d’épine dorsale de méthodes de pilotage éprouvées ?...

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