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Comment faire du flux tiré lissé aujourd’hui ?

Flux tiré vs production stable : faut-il choisir ? Découvrez comment stabiliser votre production tout en gardant une Supply Chain pilotée par la demande réelle.

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Qu’est-ce que le flux tiré lissé ?

Le flux tiré lissé a été popularisé par le système de production Toyota. Comme son appellation l’implique, il repose sur deux principes : tirer le flux par la demande réelle (possiblement instable et imprévisible) et lisser ce flux pour appliquer au système industriel un signal stable.

C’est donc un peu la combinaison de deux principes antagonistes :

  • Répondre de manière rapide à la demande réelle, possiblement très aléatoire et variable.
  • Générer un plan de production stable, car pour être efficientes les opérations industrielles requièrent de la stabilité.

Appliquer un principe sans l’autre conduit à de sérieuses déconvenues. Ceci a pu historiquement faire échouer des démarches Lean, qui sont restées à un niveau superficiel de chasse aux mudas, sans réellement tirer parti des bénéfices de la mise en œuvre d’un flux tiré end to end.

Tirer sans lisser

Vous avez peut-être essayé de piloter votre production sur la base de simples boucles kanban, ou bien, mieux, de buffers DDMRP.

Ceci vous permet de mieux propager le signal du marché à vos opérations – la consommation réelle, les commandes fermes.

La production est déclenchée par la demande réelle du client (aval), et non par des prévisions poussées depuis l'amont. Chaque séquence de postes de travail ne produit que ce que les postes suivants consomment. On évite ainsi la surproduction et l'accumulation de stocks.

Cependant, votre équipe de production vous a alerté bien vite : on ne peut pas faire l’élastique en permanence pour suivre aveuglément le signal brut du marché.

Par exemple, je n’ai plus de signal de demande sur ce moyen, je dois donc l’arrêter – mais je sais que c’est une contrainte, si je perds de la capacité maintenant je ne saurai pas rattraper plus tard.

Plus diffus mais souvent très délétère, peut-être allez-vous faire varier de manière significative le mix de produits à fabriquer – ce qui va causer des coups d’accélérateur ou de freinage dans vos étapes amont de production et chez vos fournisseurs – et voici revenu l’effet coup de fouet que vous cherchez à combattre !

Un système Kanban ou DDMRP ne garantit pas le lissage. Il propage le signal de la demande réelle. Il dispose de mécanismes qui favorisent le lissage : un découplage, des boucles dimensionnées sur un besoin moyen jour lissé, et des priorités relatives – mais appliqué seul, l’instabilité guette vos opérations.

Lisser sans tirer

L’intention initiale du programme directeur de production (PDP / MPS en anglais) était bien de lisser. Les tout premiers systèmes MRP déversaient la véritable demande du marché dans le calcul de besoins, ce qui avait pour effet de déclencher des productions et des approvisionnements très variables, et non alignés sur la réelle aptitude industrielle – sur les capacités.

L’introduction d’un PDP était donc destinée à établir un signal stable. Mais ce faisant, elle a conduit à une déconnexion sévère avec la demande réelle. Le PDP implique des cycles de révision peu fréquents, alimenté par des cycles de révision de prévisions - des horizons figés, une prise en compte de contraintes de capacité souvent empiriques, etc.

Au départ pétri de bonnes intentions, le PDP est devenu un élément majeur de perte d’efficacité – il induit des déséquilibres de stock, surproduction, etc.

Combiner signal tiré et lissage

L’alternative au PDP introduite par le système de production Toyota est le Heijunka.

Ce mécanisme consiste à répartir la production de manière régulière dans le temps, à la fois en volume et en mix de produits. Plutôt que de fabriquer de grandes séries d'un même produit puis de basculer sur un autre, on alterne les références en petites quantités selon un rythme stable.

Ce qui est primordial, c’est que ce mécanisme est alimenté par un signal de flux tiré – le Heijunka réparti dans le temps la réalisation du signal généré par les kanbans.

Par exemple, au lieu de produire le lundi 500 unités du produit A, le mardi 500 du produit B et le mercredi 500 du produit C, on produit chaque jour un mix équilibré ABC-ABC-ABC, tiré par la consommation réelle signalée par des cartes kanban.

La combinaison des deux permet de :

    • Répondre à la demande client sans surproduire
    • Éviter les à-coups et les pics de charge qui désorganisent la production
    • Réduire les stocks tout en maintenant un haut niveau de service
    • Faciliter la détection des anomalies grâce à un rythme de travail régulier (takt time)
    • Améliorer la flexibilité et la qualité

Historiquement cette logique de flux tiré lissé a été outillée au travers de systèmes physiques : cartes kanbans, tableaux d’accumulation, séquenceurs heijunka, lanceurs. Connecter ce mode de pilotage avec l’ERP est problématique – et contribue au fait que ce mode de fonctionnement n’a toujours pas été assez largement adopté, malgré son efficacité. Le lien de ce système physique avec le système d’information (l’ERP) passe souvent via Excel et la captation des transactions de déclaration de production.

Le flux tiré lissé digital Intuiflow

La logique de pilotage que nous privilégions dans Intuiflow est exactement cette logique de flux tiré lissé. Ce qui distingue notre approche des démarches traditionnelles fait appel à plusieurs mécanismes :

  • L’ensemble du processus est digital. C’est évidemment une nécessité aujourd’hui de disposer d’un système de pilotage numérisé.
  • Le signal Demand Driven fournit des priorités relatives, que l’on fabrique sur stock ou à la commande.
  • Le besoin moyen jour – historique, prévu ou mixte – est lissé sur les horizons adaptés.
  • Avec le flux tiré end to end, on va chercher le meilleur signal possible de consommation – par exemple le signal de « sell out » de votre réseau de distribution.
  • Le lissage de charge et le séquençage des productions se font au niveau de chaque contrainte définie, avec différents mécanismes pour s'adapter à chaque environnement : roue de planification, traitement par lot, assortiment fixe, fréquences horaires, journalières, hebdomadaires, etc.
  • La même logique / le même moteur de lissage et de séquençage est utilisé à court terme / sur les ordres fermes, et à plus long terme sur les ordres planifiés et les scénarios S&OP / RCCP.
  • L’adaptation des niveaux de stock cible (les tailles de buffers DDMRP) ou l’adaptation des délais à la commande  prennent en compte le lissage de charge. Par exemple, on augmente les buffers de stock en aval quand on doit faire une prise d’avance pour anticiper une période de saturation de capacité.
  • Le calcul de besoin – à court terme comme à plus long terme – prend en compte le lissage. Inutile de recevoir trop tôt des composants que nous n’aurons pas la capacité de consommer avant plusieurs périodes.
  • Le système de flux tiré est surveillé en permanence par des analytiques avancés afin d’améliorer la performance en continu – élément essentiel du Lean. 

Nous pensons que le flux tiré lissé est plus que jamais la meilleure méthode pour concilier efficacité industrielle et variabilité des marchés.

C’est pourquoi nous améliorons en permanence nos aptitudes à délivrer un signal digital piloté par la demande réelle, qui apporte stabilité et efficacité aux opérations, et qui soit simple à comprendre par ses utilisateurs, car la compréhension des signaux et des priorités est essentielle pour l’adoption du modèle.

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