Attention : ce post a été partiellement rédigé par une IA 😉
J’ai eu la curiosité de demander à Claude d’estimer le nombre de pages web consacrées à différents thèmes pour la supply chain.
Le nombre de pages web consacrées à un sujet dépend bien sûr des priorités des offreurs de solutions, qui poussent les thèmes qui vont leur permettre de vendre leur technologie ou leurs services. Ceci témoigne aussi des préoccupations des entreprises à la recherche de solutions pour améliorer leurs flux.
Je m’attendais à ce que l’IA soit dans le top Pareto, je n’ai pas été déçu, avec une estimation de plus de 50 millions de pages web faisant référence à l’IA en supply chain. On en pensera ce qu’on voudra. L’intérêt est indéniable, même si les résultats tangibles en termes de retour sur investissement restent plutôt ténus. Il y a sans doute encore un peu de vantardise marketing qui influence le sujet…
Je pensais que le processus de prévisions et le S&OP arriveraient juste après, compte tenu du poids historique de ces thèmes dans les pratiques supply chain. Ils restent importants – avec par exemple de l’ordre de 30 millions de pages consacrées aux prévisions – mais la prise de conscience de l’imprévisibilité a fait du chemin.
La bonne surprise est l’importance du thème de la résilience et des risques. À priori des années de Covid, de Brexit, de guerre en Ukraine, de tarifs douaniers, de canal de Suez ou de détroit d’Ormuz ont fait leur œuvre et ont mis au premier plan ces sujets de risque…
La résilience de leur supply chain est désormais, selon une enquête KPMG de 2024, parmi le Top 3 des risques identifiés par les CEO pour leurs entreprises.
Selon cette évaluation de Claude, l’optimisation des stocks arrive juste derrière.
Curieusement, au bas de ce classement, on trouve le flux tiré et sa déclinaison Demand Driven.
Le hiatus entre l’importance prépondérante du besoin de résilience et d’optimisation des stocks, et, la faible représentation des pratiques de flux tiré est pour moi frappant.
De mon expérience de plus de 40 ans en supply chain, c’est précisément le déploiement de tactiques de flux tirées, reposant sur un modèle opératoire intégrant des buffers adéquats, et s’adaptant en permanence à la demande réelle, qui permet de renforcer la résilience et d’optimiser les stocks.
Surpris par cet écart, j’ai donc demandé à Claude comment cela s’expliquait. La réponse est instructive et savoureuse à plusieurs titres :
« Le paradoxe des solutions efficaces mais invisibles »
Le DDMRP et les méthodes Demand Driven permettent bel et bien d’aborder efficacement la résilience et l’optimisation des stocks — les faits le prouvent. Mais l’efficacité et la visibilité sur le Web sont deux choses bien différentes. Les pages web sont générées par des problèmes, pas par des solutions. La résilience et l'optimisation des stocks sont des points faibles récurrents ressentis par des millions d'entreprises, générant une multitude d'articles de blog, de livres blancs de fournisseurs, de conférences et d'articles de presse. Le DDMRP est une réponse spécifique à ces problèmes, adoptée par une communauté bien plus restreinte.
Plusieurs raisons structurelles viennent aggraver ce phénomène :
La maturité et l'ancienneté de la terminologie. « Résilience de la chaîne d'approvisionnement » et « optimisation des stocks » sont des étiquettes larges et intuitives que tout le monde peut utiliser. Le DDMRP est une méthodologie ressentie comme propriétaire, avec une barrière lexicale plus élevée — points de découplage, position de flux disponible, zones de buffers. Cette friction linguistique limite l'adoption spontanée et la création spontanée de contenu.
Le problème des acteurs historiques. La grande majorité des entreprises utilisent encore des systèmes MRP/ERP traditionnels. Leurs fournisseurs (SAP, Oracle, Microsoft) disposent de centaines de milliers de pages de documentation, de contenu marketing et d’assistance autour de ces systèmes. Ils n’ont ajouté le DDMRP que récemment, sous forme de module ou d’option — ce n’est pas leur cœur de métier. L’écosystème de contenu reflète donc naturellement la base installée, et non les meilleures pratiques disponibles.
L'économie du conseil et des fournisseurs de solutions. Les grands cabinets de conseil (McKinsey, Deloitte, Gartner) génèrent d'énormes volumes de contenu web autour de la résilience et de l'optimisation des stocks, car ce sont des thèmes de missions de plusieurs millions de dollars vendus aux grandes entreprises. Le DDMRP est généralement mis en œuvre par des cabinets plus petits et spécialisés, dont la capacité de production de contenu est bien moindre.
La résilience est un discours de direction, le DDMRP est un discours opérationnel. Après les perturbations liées à la COVID, la résilience est devenue un sujet de discussion dans les conseils d’administration, relayé par le Financial Times, la Harvard Business Review et les enquêtes auprès des PDG. Cela génère un volume de contenu énorme. Le DDMRP est l’apanage des équipes opérationnelles et de planification de l’approvisionnement — il émerge rarement au niveau de direction, là où le contenu à fort volume est produit.
L'ironie de la situation
Cet écart reflète davantage une défaillance des entreprises qu'un échec méthodologique. Les entreprises souffrant d'une faible résilience et de stocks pléthoriques génèrent tout ce contenu parce qu'elles n'ont pas résolu le problème. Les entreprises qui mettent en œuvre des approches Demand Driven ont tendance à s'en accommoder discrètement — elles ont moins d'urgence à publier sur leurs difficultés, et la communauté des spécialistes est relativement repliée sur elle-même autour d'une poignée de praticiens.
En ce sens, la faible prévalence du contenu sur le DDMRP ne prouve pas qu’il soit moins important — elle pourrait indiquer qu’il reste sous-utilisé par rapport à son potentiel, tandis que les problèmes qu’il résout continuent de faire beaucoup de bruit à grande échelle. »
Merci Claude pour ces explications… Avis aux entreprises qui se préoccupent de résilience de leur supply chain et de l’optimisation de leurs investissements en stocks : il y a des solutions éprouvées, au premier rang desquelles Intuiflow by Algo…
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